Pic d'Aneto 1 juillet 2017

 

Pic d’Aneto en traversée sud-nord :

 

En ce 1er juillet maussade et pluvieux, nous étions 9 courageux, Martine, Guy, Brigitte, Dimitri, Serge, Simon, Jean Claude, Patricia et Jacques, à monter la tente au camping de Pla de Senarta, à quelques kilomètres de Benasque. Nous sommes mouillés mais confiants, météoblue parait sûre d’elle pour le lendemain.

 

Après une nuit ventée, à 5h15, le bus nous amène par une piste vertigineuse jusqu’au Pont de Coronas dans la vallée escarpée de Vallibierna, à 1975m d’altitude.

 

A 6h, nous nous réchauffons rapidement dans les gros blocs qui nous conduisent au-dessus de verrous glaciaires successifs où se cachent l’ibonet de coronas puis les ibones du même nom. Il a neigé la nuit et les jours précédents et la glace recouvre les rochers, ce qui dissuade de nombreux randonneurs qui font demi-tour.

 

Au-dessus des lacs, la montagne est d’un blanc immaculé, magnifique. De plus, les nuages d’altitude se désagrègent petit à petit, poussés par le vent, et le col de Coronas sort de la brume et s’offre à notre vue. Nous chaussons les crampons pour attaquer la pente finale et débouchons au col, à 3200m. Le vent est violent mais le temps s’améliore nettement.

 

Nous sommes sur le glacier de l’Aneto, c’est la foule de la voie normale qui nous accompagne jusqu’au sommet.  Nous nous encordons, comme l’impose la sécurité sur glacier, et gravissons les 200 derniers mètres de bonne neige jusqu’au Pas de Mahomet, passage rocheux facile mais impressionnant. A midi, nous sommes sur « el techo de los pireneos », 3404m.

 

La descente est très agréable et rapide tant que nous sommes sur le glacier ou sur les névés ; nous prenons enfin le temps de casser la croûte. Le soleil chauffe et la neige est bien ramollie. Nous passons au lac de Salterillo et descendons vers le Plan d’Aigualluts. Nous admirons alors un paysage  magnifique qui tranche catégoriquement  avec le côté minéral rencontré jusqu’ici, rhododendrons, pins à crochets, pelouses et fleurs, le paradis des marmottes

 

Plus bas, l’eau se rassemble en méandres pour sauter dans une belle cascade et s’engouffrer dans le Trou du Toro, considéré par les géographes français come la véritable source de la Garonne. Cette eau va resurgir dans le Val d’Aran, de l’autre côté de la montagne et se diriger vers l’Atlantique, alors qu’elle est sur le versant orographique méditerranéen. Une exception de la nature découverte par le spéléologue Norbert Casteret en 1931.

 

Nous terminons notre traversée de l’Aneto à Besurta où nous attendons la navette qui va nous ramener à Senarta. Les jambes sont lourdes et la route du retour en voiture encore longue, mais nous sommes tous ravis de cette journée de 11 heures de marche et 1500 m de dénivelé dans un cadre exceptionnel !

 

Jacques B