Camp d’été à Termignon La Vanoise  10 juillet - 21 juillet 2017

     Après avoir exploré la partie nord du Parc National de La Vanoise à Pralognan en 2016, nous nous sommes retrouvés cette année à 18 personnes pour partager le plaisir de découvrir le sud Vanoise et la vallée de La Haute Maurienne dans le beau cadre du camping Les Mélèzes de Termignon ; les apéritifs « de travail » pour organiser la journée du lendemain étant toujours aussi conviviaux.

 

 

   La première randonnée jusqu’au refuge de La Femma nous a permis de découvrir le grand panorama des glaciers de la Vanoise, de la Dent Parrachée à La Grande Casse, en passant par les Dômes de l’Arpont, des Nants et de Chasseforêt ; à peine 500 mètres de dénivelé mais 24 km de marche du parking de Bellecombe à La Femma et retour ; ce fut une bonne mise en jambe.

 

 

   La météo étant incertaine, nous voilà partis du Col du Mont Cenis jusqu’au Fort de la Turra, puissant ouvrage militaire défendant le grand passage et qui a tenu courageusement sans se rendre lors de l’offensive générale italienne le 21 juin 1940.  Mais dès que nous sommes au sommet, c’est l’offensive orageuse qui nous déferle dessus et nous oblige à nous rabattre trempés 450 m plus bas et à nous réchauffer devant un verre de génépi

 

 

   Le beau temps est revenu et nous découvrons le vallon sauvage et préservé d’Avérole. L’architecture des divers hameaux et chapelles semblant hors du temps est magnifique. Nous poursuivons jusqu’au refuge d’Avérole ou gambadent les poules, puis remontons le beau torrent de La Lombarde jusqu’au Pas de la Mule. Nous descendons sur l’autre rive pour boucler une belle randonnée.

 

 

   Aujourd’hui, la météo est excellente. C’est le moment d’aller admirer les glaciers depuis le sentier en balcon au-dessus de Bonneval Sur Arc. Les dernières nappes de brouillard se déchirent et le grand spectacle apparait : le cirque glaciaire des Evettes, les glaciers des Sources de l’Arc nous accompagnent tout le long du chemin jusqu’au refuge du Carro dans une ambiance haute montagne. Nous révisons les noms des sommets de la crête frontière avec l’Italie et identifions Les Pointes de La Piatou, l’un des objectifs de la deuxième semaine.

 

 

   Nous découvrons une autre vallée secrète à partir de Bramans, le refuge et le lac d’Ambin dans un cadre sauvage ; puis une vallée nettement moins sauvage au départ d’Aussois. Le grand plateau d’alpage grouille de marmottes jusqu’au refuge du Fond d’Aussois. Le paysage se fait ensuite minéral, nous passons au Col d’Aussois puis montons jusqu’à la Pointe de l’Observatoire, à 3015m. Le panorama est fantastique : au sud, le glacier de la Barre des Ecrins illumine de blancheur avec, à son côté le Pelvoux et l’Ailefroide ; au nord, sa majesté Mont Blanc nous montre l’arête des Bosses ; à l’ouest, nous avons un souvenir ému en voyant le Dôme de Polset gravi l’an passé ainsi que le Petit Mont Blanc, le Mont Charvet et la vallée de Pralognan et à l’est, c’est les glaciers des dômes de la Vanoise. Comme dirait Gaston Rebuffat, depuis la Pointe de l’Observatoire, la bien-nommée, « on peut admirer toute la vie d’un alpiniste ».

 

 

   C’est le moment de s’équiper pour affronter les glaciers et nous montons au refuge des Evettes. La vue sur le cirque  est admirable et nous suivons les changements de couleur sur la Petite Ciamarella et l’Albaron jusqu’au crépuscule. Départ à 5 heures à la frontale ; la température est douce et le lever de soleil est une merveille. Quelques bouquetins nous surveillent depuis le haut de la moraine et nous atteignons le spectaculaire lac du Grand Méan. Sur la vieille carte IGN, ce lac n’existe même pas. Mais avec le recul des glaciers, voici que l’immense glacier du Grand Méan a créé ce lac et qu’il continue à vêler d’immenses glaçons dans un bruit assourdissant ; on se croirait au Groenland ou en Patagonie. Nous sommes 11 à nous équiper, crampons, piolet, baudrier, en formant 4 cordées et remontons le glacier jusqu’au Col de La Disgrâce. De là, une pente de neige plus raide nous amène au sommet de la Pointe de la Piatou, à 3252m. Le temps est au grand beau et la vue superbe, alors que le côté italien se cache sous une énorme mer de nuages

 

 

   Le lendemain, nous optons pour le Refuge de l’Arpont, au départ de Termignon. La montée est rude, 1000 m bien raides pour les 4 rescapés. Nous sommes les seuls alpinistes dans ce confortable refuge surchargé de randonneurs effectuant le classique tour des glaciers de la Vanoise. Et nous sommes bien seuls à nous lever à 4h30 pour un départ à la frontale jusqu’au lac de l’Arpont. Nous nous équipons en atteignant la langue terminale du glacier et nos deux cordées remontent sur la glace vive jusqu’à un plateau peu enneigé où les crevasses sont bien visibles. La pente se redresse et nous arrivons en-dessous du col de l’Arpont dans une zone de crevasses à peine recouvertes de fragiles ponts de neige. Clémence découvre les dangers cachés des glaciers et nous louvoyons entre crevasses pour atteindre le col à 3492 m. Mais de gros nuages menaçants arrivent par le sud et le terrain n’est guère accueillant. Prendre un orage dans ces lieux inhospitaliers pourrait s’avérer dramatique. Nous décidons de faire demi-tour et d’amorcer la descente. Nous sommes encore sur le glacier quand le ciel se déchaine, éclairs, tonnerre, foudre, pluie. Nous sommes trempés et pressons le pas pour rejoindre le refuge. Après une pause bien méritée nous arrivons fourbus au camping, après une descente de 2100m.

 

 

   La météo se dégradant les jours suivants, notre séjour en Vanoise se termine par une belle randonnée dominant les lacs d’Amont et d’Aval jusqu’au refuge de la Dent Parrachée.

 

 

Martine, Edith, Colette, Bernadette, Hélène D, Monique B, Elise, Clémence, Béatrice, Guy, Jacques T, Jean-Claude C, Jean-Marie, Théo, Jean-Michel, Jean-Claude, Patrick, Jacques B.