Camp d’été 2015     La Bérarde  Massif de l’Oisans

La petite route de Saint Christophe en Oisans à La Bérarde reste très impressionnante, et même si quelques emplacements de garage ont été récemment aménagés,  il s’agit d’une voie unique sans protection quelques centaines de mètres au-dessus du Vénéon aux eaux tumultueuses. Mais dès que l’on est installé pour les uns au camping de La Bérarde ou pour les autres au gite le Champ de Pin, on est au bout du monde, à 1700 m d’altitude, au centre du Massif des Ecrins, bref au paradis des montagnards.

Dès notre arrivée le 13 juillet, la température est caniculaire. Plus de 30° à une telle altitude, c’est incroyable et en même temps inquiétant pour l’équilibre du milieu montagnard. Mais cela ne nous empêche pas d’aller découvrir le Vallon des Etages, que nous remontons jusqu’au glacier du même nom.
Le lendemain, nous montons jusqu’au refuge de Temple Ecrins pour admirer le glacier de La Pilatte et son beau cirque surmonté des Bans.
Puis c’est la découverte du cirque du Soreiller. Nous remontons le magnifique vallon où trône en son centre la superbe Aiguille Dibona, fine et effilée, l’un des emblèmes du massif. La descente par un vallon parallèle est longue et caillouteuse mais l’eau fraiche du torrent apaise nos pieds endoloris.
Le 15 juillet, départ matinal pour un autre lieu emblématique du massif, le refuge du Promontoire. Les vues sur la face Sud de la Meije sont époustouflantes. Tel un spectacle théâtral, le soleil allume successivement le sommet du Grand Pic, puis le Glacier Carré, puis l’arête de la voie historique jusqu’au Promontoire, enfin la moraine et le refuge du Châtelleret. Et pour couronner le tout, une harde de chamois gambade sur les derniers névés.
La semaine de randonnée se termine par une belle randonnée champêtre jusqu’au refuge de La Lavey. La canicule est difficilement supportable et l’apéritif quotidien et convivial du soir est le bienvenu.

Dimanche 19 juillet, c’est la fête des Guides à La Bérarde, messe et bénédiction des cordes et piolets, danses folkloriques, vente de produits régionaux, animations sportives, etc… L’ambiance est familiale, sympathique et bon enfant, rien à voir avec la fête des Guides de Chamonix. Le beau temps étant toujours là, nous montons en début d’après-midi au refuge de La Pilatte, pour faire le lendemain l’ascension du Mont Gioberney (3352 m). Le glacier est en bonnes conditions et nous sommes six à profiter d’une magnifique vue panoramique au sommet. La Meige, Les Ecrins, Les Rouies, L’Olan et tout près de nous, Les Bans rivalisent de beauté.

Le 21 juillet, malgré une météo instable, nous décidons d’aller passer la nuit au refuge de La Selle. Le soleil nous accompagne durant les 1100 mètres de montée, mais l’orage gronde en milieu d’après-midi et il pleut jusqu’au milieu de la nuit suivante. Le lendemain matin à 4 heures, grand beau, la chance est avec nous. Nous remontons jusqu’au glacier de La Selle, puis nous sortons cordes, crampons et piolet pour attaquer les pentes plus raides jusqu’au col. Il nous reste alors qu’une centaine de mètres à escalader sur des rochers faciles et nous voilà au sommet de la Tête Sud du Replat (3428 m). Juste devant nous, le Rateau et La Meije dans toute leur splendeur nous font apprécier une fois de plus ces moments inoubliables d’ivresse au sommet. Nous redescendrons par le couloir côté Chardonneret et ses pierriers impressionnants jusqu’au refuge et enfin le village de La Bérarde.

Notre séjour dans la vallée se termine avec la belle via ferrata de Saint Christophe, parcours très varié alternant passages aériens au-dessus des eaux turbulentes du Vénéon et ascension de murs bien raides.