Traversée de l'île de La Réunion

6 - 22 août 2013

 

Mardi 6 août : Roissy

 

Après une journée de flânerie et étant devenus incollables sur les terminaux 2A et 2F de l'aéroport Charles de Gaulle, nous nous entassons dans le Boeing 777 d'Air Austral, plein comme un œuf, pour une nuit assise à destination de St Denis de La Réunion.

On ne dort pas beaucoup durant les 11 heures de vol.

 

Mercredi 7 août : Saint Denis

 

Arrivés à St Denis à 11 heures locales, nous prenons nos quartiers chez notre accueillante hôtesse musulmane Zoulékan -vivement la fin du Ramadan- à 2 pas de la gare routière.

Après une restauration rapide  dans un camion-bar au bord de l'Océan indien, nous entamons une promenade patrimoniale dans les rues de St Denis, à la découverte des demeures créoles. Sébastien le zoreille (un métro), ex-collègue de Valérie, nous invite pour un apéritif dînatoire et nous initie aux délices des punchs et rhum arrangés, qui nous désaltéreront tout au long de notre traversée.

 
 

Jeudi 8 août : Saint Denis – Gîte de la Roche Écrite

 

Un transfert en bus jusqu’au Banc nous évite 800 m de dénivelé en périphérie de St Denis. Passé les kiosques à pique-nique de Mamode Camp –une institution à La Réunion- nous pénétrons dans la réserve de la Roche Écrite, créée pour la préservation du tuit-tuit, oiseau endémique. Jacques goûte sans retenue les goyaviers -ouf, nous saurons le lendemain qu’ils sont comestibles-.

Cheminement dans une forêt enchantée, à la végétation luxuriante mais ordonnée par un jardinier invisible, les yeux grand écarquillés, pour profiter des trésors offerts par la nature réunionnaise : les fougères arborescentes, les bambous calumets, les tamarins aux racines tortueuses, la symbiose végétale omniprésente…

Arrivés au gîte de la Roche Ecrite (2280 m) -gla-gla on se gèle- nous nous retrouvons attablés avec des randonneurs réunionnais qui nous dispensent conseils, recommandations, vérifications (la voisine de Maryse), mises en gardes (la voisine de Nicole) -le vertige, les dénivelées, la nuit qui tombe vite…-

 

 

Vendredi 9 août : Gîte de Roche Écrite - Dos d’Âne

 

Montée à la Roche Écrite (2280 m) dans un paysage de landes d’altitude. Au sommet, le panorama est vaste sur les 2 cirques de Mafate et de Salazie et barré par le Piton des Neiges, le point culminant à 3 071 m ; en arrière-plan, le Piton de La Fournaise se dévoile. Nous sommes un peu déboussolés par le relief, absolument incroyable de chaos, de complexité, de verticalité. L’après-midi, nous empruntons un joli sentier qui court sur une crête effilée avant de basculer sur Dos d’Âne, à nouveau plongés dans une végétation luxuriante -La Réunion est une terre de contrastes...-

 

Samedi 10 août : Dos d’Âne – Ilet à Malheur

 

Nous quittons Dos d’Âne par le chemin de croix, joliment dénommé «pente Lacroix» -tout un programme- avant d’emprunter le raide et sportif sentier Sainte Suzanne. Bien équipé en mains courantes, il est très fréquenté par les coureurs réunionnais qui préparent le raid prochain -attention, garons nous-.

Après avoir franchi la rivière des Galets sur des rochers glissants, le GR R2, notre fil rouge, chemine à flanc de montagne, offrant de belles perspectives sur le cirque de Mafate.

Comme nous avons bien marché, nous faisons un crochet par Aurère, îlet bien ordonnancé et fleuri. Jacques se fait une ventrée de goyaviers, bientôt imité par Maryse. Pour gagner l’îlet à Malheur, notre prochaine halte, nous optons pour le sentier dit «rapide», au lieu du sentier dit «facile», ce qui revient au même.

Dimanche 11 août : Ilet à Malheur – Hellbourg

 

Rude négociation avec le propriétaire du gîte pour obtenir un petit déjeuner à 6 h 30 -avant 7 heures, c’est absolument impossible à La Réunion- car une longue route nous attend pour gagner Hellbourg. On bat des records : une heure de moins que le topo pour arriver au terminus de la route forestière du Bélier dans une ambiance forêt tropicale humide, d’autant qu’il pleut. Las, le bus étant parti sans nous, nous nous rabattons sur un taxi qui nous conduit à Hellbourg, dans le meilleur des gîtes, où notre hôte nous régale de gratin de chouchous, de carry à la fleur de bananier… et de chants créoles -ah «Ça sent la banane…», «Mon île…», on les fredonne encore !- accompagnés à la guitare.

Lundi 12 août : Hellbourg


Aujourd’hui est une journée de transition. Le matin, nous montons au belvédère de « Roche Plate » -ça ne s’invente pas !- pour une vue panoramique sur le cirque de Salazie et retour par les anciens thermes, désertés depuis le cyclone de 1948. L’après-midi est consacré à la visite de la maison et du jardin Folio, vestiges de l’âge d’or de la station thermale.

Retour au gîte sous le crachin –c’est normal dans cette partie la plus arrosée de l’île, même si nous sommes à la saison sèche.

Mardi 13 août : Hellbourg – La Nouvelle

 

Maryse négocie avec notre hôte un transfert motorisé jusqu’au départ du sentier, contre un petit déjeuner à 7 heures seulement, car avant c’est toujours impossible.

Entre Hellbourg et le col de Fourche, nous cheminons sur un joli sentier empierré et jardiné -l’ancien GR-, traversons quelques ravines, dont celle du Pas du Chien, agrémentées de vasques polies et tapissées de fleurs roses.

La troupe avale les 900 m de dénivelé qui nous séparent du col de Fourche (1950 m) où l’on grignote vite fait -ah gla-gla, on se gèle ici aussi-.

Puis changement de décor : nous croisons beaucoup de randonneurs en famille (le parking du col des Bœufs n’est pas loin) et les couleurs virent au vert olive et au gris argenté.

Nous faisons le choix du sentier rapide par le plateau des Chênes, et arrivons à La Nouvelle, énorme îlet, où la brume ne tarde pas à s'installer.

Mercredi 14 août : La Nouvelle – 3 Roches - Marla

 

Nous quittons La Nouvelle pour retrouver en contrebas la rivière des Galets, dans un écrin minéral et érodé.

Grosse pause repas/flânerie aux 3 Roches -attention à ne pas tomber dans le gouffre !-. La vue est dégagée sur le Piton des Neiges, le Grand Bénare et le Maïdo. Accueil juvénile à Marla par la petite-fille de notre hôtesse.

Jeudi 15 août : Marla – Cilaos

 

La montée est régulière jusqu’au col du Taïbit (2080 m), à la jonction des cirques de Mafate et de Cilaos ; la descente un peu plus délicate et humide.

Pique-nique dans le cadre aquatique de la ravine de Bois Rouge avant de rejoindre Cilaos, les uns par la route et les anciens thermes, les autres en poursuivant le GR R1, où nous atterrissons au milieu des processions du 15 août, tout est fermé ; ouf on réussit quand même à trouver une supérette pour le ravitaillement, un resto pour le dîner et les horaires de bus pour monter le lendemain au Bloc, au départ du sentier du refuge du Piton des Neiges.

Vendredi 16 août : Cilaos – Gîte de la Caverne Dufour

 

Avec un grand beau temps, nous attaquons la raide mais très bien aménagée (= les marches sont hautes), montée au refuge du Piton des Neiges, accompagnés par le chant des oiseaux et les encouragements créoles.

Samedi 17 août : Piton des Neiges – Bourg Murat

 

A 4 heures -allez, tout le monde debout- lever général au refuge afin d’assister au lever du soleil depuis le point culminant de l’île.

Là-haut, à 3 000 m d’altitude grand beau pour embrasser toute l’île du regard. Parvenus sur le coteau Kerveguen, le sentier se fait très boueux -sommes-nous toujours sur le GR R2 ou dans le lit d’un torrent ?

Les toponymes sont éloquents : « Mare à Boue », « Mare à Joseph »… Patatras, une nuée d’infirmières vole au secours de Jacques qui a malencontreusement dérapé.

Après un passage aérien parsemé d’échelles-escaliers, nous entamons la longue descente sur Bourg-Murat où nous atterrissons éberlués dans un paysage agricole où pâturent des vaches réunionnaises qui pourraient tout aussi bien être limousines.

Chic, notre hôte nous transborde en 4x4 jusqu’au gîte de Bourg-Murat, nous évitant un bon morceau de la RN 3 : il pleut et nous marchons depuis 12 heures.

Dimanche 18 août : Bourg Murat – Gîte du Volcan

 

Encore une journée tout en contrastes

Après dépose en 4x4 au Chalet des Pâtres, nous délaissons notre fil rouge, le GR R2, qui dessert tous les pitons du coin -et ils sont nombreux- pour un sentier bucolique qui se faufile entre les pâturages.

Il pleut toujours et nous avançons noyés dans la brume. Mais bientôt le ciel se dégage et au débouché de la route forestière du Volcan nous pique-niquons sous le soleil. La végétation s’appauvrit, la terre rougit.

Nous empruntons une jolie portion du GR R2 en crête sur le rempart de la rivière de l’Est avant de rebasculer dans un univers toujours minéral.

La route est un peu longue jusqu’au gîte du Volcan, juché sur ses pilotis.

Lundi 19 août : Piton de La Fournaise

 

Départ pour le volcan de La Fournaise et descente dans l’enclos du volcan, 150 m en contrebas, par le Pas de Bellecombe.

Le cône ocre du Formica Léo se détache au premier plan du gigantesque enclos Fouquet.

Nous déambulons parmi les laves dans tous leurs états : les différentes coulées, les laves cordées, les laves en gratons, la « chapelle » de Rosemont, avant d’entamer le long contournement du cratère Dolomieu par le balcon du même nom.

Les familles réunionnaises sont légions pour l’ascension de l’emblématique « Volcan », sur le parcours jonché de balises blanches.

Pique-nique au sommet, surplombant l’énorme cratère effondré de 300 m lors de l’éruption de 2007.

Les crêtes se superposent dans un bel ordonnancement : l’enclos, le Piton et le demi-Piton, le rempart de la Rivière de l’Est, le Grand Bénare et le Piton des Neiges, écharpés de brume.

Retour au gîte du volcan pour une 2ème soirée sans eau chaude.

Mardi 20 août : Gîte du Volcan – Gîte de Basse Vallée

 

Chouette, le GR longe le bord de l’Enclos, nous permettant de boucler notre demi-tour de l’énorme volcan qui se détache en contre-jour -pas étonnant que le chemin nous ait paru si long la veille-.

Les pitons jalonnent le sentier : le Piton rouge, le Piton de Bois Vert, le Puys Ramond, le Piton Brick…

La côte sud et les villes côtières se dévoilent à l’aplomb de l’Océan Indien, augurant d’une descente abrupte.

La marche, d’abord aisée sur les cordons de lave, se corse sur les grattons, s’humidifie sur les racines glissantes, réclamant une concentration soutenue.

Vestes et sur-sacs sont rapidement enfilés pour clôturer une descente de presque 1800 m qui nous conduit au gîte de Basse Vallée.

Encore une journée toute en diversité : départ dans le désert de la Plaine des Sables et arrivée dans la forêt tropicale de Mare Longue.

Mercredi 21 août : Gîte de Basse Vallée – Saint Denis

 

Notre parcours se poursuit en forêt de Mare Longue, longeant les vanilliers qui s’enroulent sur les troncs des camphriers et des filaos.

Notre traversée s’arrête ici, au panneau d’arrivée du GR R 2, à 75 m d’altitude.

Les cars jaunes nous ramèneront à Saint Denis, après un changement à Saint-Pierre et une pause à Saint-Leu pour observer l’Océan Indien déchaîné -Interdiction absolue de se baigner (Valérie met quand même les pieds dans l’eau)-.

Jeudi 22 août : Saint Denis

 

C’est le jour du départ.

Après quelques emplettes au Grand Marché, une visite au jardin d’Etat nous permet de prendre quelques clichés des belles demeures créoles qui bordent la rue de Paris.

L’arbre du voyageur nous adresse un clin d’œil. Un dernier petit tour en bordure de l’Océan -où Jacques teste sa forme sur le parcours sportif- et c’est le départ pour l’aéroport.

 

Les participants au voyage que je remercie de m’avoir accompagnée : Maryse, Chantal, Nicole, Valérie, Jacques T.

 

Christine