83 Grande traversée de La Montagne Noire novembre 2019

Retrouvez la description complète du parcours numéro 48 ici.

 

Grande traversée de La Montagne Noire en 6 jours, novembre 2019

 

Pérégriner 6 jours durant pour découvrir notre Montagne Noire au plus près de la ligne de partage des eaux, tel fut le prétexte et le pari de cette balade automnale proposée par Jacques.

 

LUNDI - Petit détour au pied du château de St-Félix Lauragais, pour une vue imprenable sur les Pyrénées enneigées, sur Bugarach bien reconnaissable au loin, et enfin tout près la Montagne sur laquelle nous allons prendre pied. C’est ici que le « Fresquel » prend sa source avant d’être retenu plus bas au lac de l’Enclas, encerclé par la « rigole de la plaine ». Tout de suite au pont-canal du seuil de Graissens on marche dans les pas de Pierre-Paul RIQUET et son génie à canaliser les eaux des deux versants. Doucement on s’élève sur un terrain bien peu propice à la tangente à la courbe. Plus haut une table d’orientation offre un point de vue sur le lac de St-Férréol qui fait barrage au « Laudot ». Sous une petite pluie, arrivée aux CAMMAZES au « gîte de la fontaine ».

 

MARDI – P’ti dèj au bar-épicerie « la source ». Le maire du village nous invite à passer sous la voute Vauban, avant de parcourir la « rigole de la montagne » jusqu’au Conquet, point de basculement des eaux dans le « Sor ». Fini la plaine, en prenant de la hauteur, vue sur le plateau d’Arfons. Pleine ligne de partage en sous-bois sur un sentier borné avec à droite le « Lampy » et à gauche le « Bernazobre ». Après 22 km, passage près des étangs de Roudille sur le « Mouscaillou », et arrivée au « gîte de Fontbruno ».

 

MERCREDI – Brume épaisse, c’est vraiment l’automne, passage au col de la Croix de Fer qui sépare le ruisseau de « la Resse » des eaux du célèbre « Alzeau ». Enchaînement des 3 mille de Montaud qui dominent le bassin versant de « la Dure ». Belle forêt de hètres torturés et tordus, couverts de mousse, où on devine des lutins imaginaires aux côtés de Jean-Marie Merlin l’enchanteur. Halte à la cabane des Portes de la Gachal d’où s’échappent le ruisseau d’ « Aupillac » et l’ « Orbiel ». Après le passage à Co de Laurent et au col des Martys, il faut encore traverser le Sambrès. Echange de bon vœux à la croix du sommet. Il ne reste plus qu’à descendre au « gîte de la source et de la sorcière » où un bon feu nous attend. Soirée repas au son de la guitare de nos hôtes sur des airs de Brel et Adamo.

 

JEUDI – L’aventure continue : Inch’Allah ! Détour par le Mont-Sarrat avant de passer devant les glacières de Pradelles-Cabardès au bord de l’ « Arnette ». C’est le pays des pommes de terre. Il faut avoir la patate pour grimper jusqu’au Pic de Nore, point culminant de la traversée que se disputent le Tarn et l’Aude dont il fait partie. Ce sommet de 1208 m n’appartient qu’à ceux qui y montent. Il ne nous est apparu qu’au dernier moment. Pique nique au Portail de Nore où la « Clamoux » prend sa source. Ensuite toute crête jusqu’au "Refuge de Peyremaux" mis à notre disposition par la communauté de communes Thoré Montagne Noire. Soirée garbure et châtaignes. Merci Philippe !

 

VENDREDI – Départ dans le tourbillon des flocons. Ici les géants soufflent fort. La légende de celui d’Albine nous accompagne tout le long du chemin. Passage obligé à la fontaine des trois évèques, point de rencontre de trois départements. Côte Tarn : le « Candesoubre ». Côté Aude : l’ « Argent double ». Côté Hérault : la « Cesse ». Après le col de Salette, passage en bordure de la serre d’Alaric. L’après-midi, traversée du plateau de Limousy, et descente au col se Sérières. Le meilleur est à venir à la « ferme de Roquecave » où nous avons rendez-vous. Cet accueil-paysan fait honneur à ce réseau d’hébergements : apéro châtaignes, repas à la table familiale, accompagnement à l’accordéon, une nuit au « château » !

 

SAMEDI – C’est le cœur chaud que nous affrontons la tempête de brume au plo de Bouzigues et la crête qui contourne le versant du « Thoré ». Côté Méditerranée vue sur les étangs de Gruissan, et sur le mont St-Clair à Sète. On imagine le terminus du Canal du Midi. Un dernier repérage à l’azimut pour le pique nique de midi au col de Balagou. Encore un petit effort par le col des Usclats, et nous arrivons enfin au col de la Fenille, fin de notre pèlerinage en mémoire des tragiques inondations du Thoré en novembre 1999.

 

C’est « La Belle et la Bête » quand ces ruisseaux bucoliques se transforment en torrents dévastateurs.

 

Forte émotion !

 

Nous ne l’avons pas fait pour la Gloire,

 

Nous ne l’avons pas fait pour de l’argent,

 

Nous l’avons fait parce que c’était notre bon PLAISIR !

 

 

Par Monts et par V’eaux … entre Sources et Sorcières …

 

Sacrée Montana Negra qu’un petit poisson rêvait de survoler entre Deux Eaux, mais comment s’y prendre entre Sources et Sorcières pour Reveler ses secrets ?

 

Par un Fresquel matin d’automne Saint-Fée l’éole accrocha quelques défi-d’ailes à son Laudot.

 

Voilà notre nouvel Alzeau en route Bernazobre.

 

« Coquin de Sor … je Thoré » clame où elle prend source l’Arnette encore lointaine.

 

De la plaine à la montagne, dès le premier jour, les poissons zélés Rigolent ! Lampy la pluie ! Et après Laprade … ça Dure !

 

De l’Enclas à la Fenille, ils baignent au pied des trois milles Géants ailés qui montent au Nord vers Peyremaux.

 

En six jours, entre Or-biel et Argent-double ces oiseaux rares n’auront de Cesse que d’enrichir en Partage l’Aude à la Joie !!!